Ce projet initié par les arts au mur artothèque, propose à des enfants, jeunes, familles et seniors des structures (la Maison des seniors, la Bibliothèque Pablo Neruda, la Résidence pour Personnes âgées Autonomes Jean Broca, la MJC Mérignac Centre Ville, le centre social Beaudésert et le centre social de la Châtaigneraie) des villes de Pessac et Mérignac de monter une exposition et spectacle à partir d’oeuvres de la collection de l’artothèque. Suivez à travers de ce blog chaque étape du pojet !
Ce jeudi 14 novembre, les habitants de la Résidence pour Personnes âgées Autonomes Jean Broca de Mérignac ont participé à la présentation du projet des P’tits et Grands Commissaires d’Exposition, les médiateurs leurs dévoilant 7 oeuvres parmi la quarantaine d’oeuvres que compte la présélection. Ensembles ils ont débattus, échangés sur leurs ressentis et leurs points de vu.
Se concluant par un goûter, la rencontre fut un franc succès.
Nicolas DESCOTTES, 3199 LM MAASVLAKTE, 2005 Crédits photo : G.Deleflie
Martine ABALLEA, Le méchant architecte, 1996 Crédits photo : G.Deleflie
Philippe Mayaux, Happy Hours, 1996 Crédits photo : G.Deleflie
Patrick TABERNA, Musculdy, 2009 Crédits photo : G.Deleflie
Laura HENNO, Summer-Crossing-Untitled, N°32, 2009 Crédits photo : G.Deleflie
Roland TOPOR, Nouvelles en trois lignes n°4, 1975 Crédits photo : G.Deleflie
Erwan VENN, Je ne trouve plus rien à vous dire, 1918, 2016 Crédits photo : G.Deleflie
En parlant de l’oeuvre d’Erwan Venn « De premier abord c’est bizarre, mais en connaissant l’histoire c’est passionnant ».
A propos de l’oeuvre de Roland Topor « Un jeune homme qui se masque pour se cacher des autres, de la vie »
Le projet est interculturel et a pour but de réaliser un commissariat afin de monter une exposition comprenant des œuvres de les arts au mur artothèque et un spectacle slamé suite à ateliers animés par Maras Poésie.
Ces quatre groupes réunissent un total d’environ 35 personnes qui auront la possibilité de participer au spectacle.
Tout au long du projet, chaque groupe verra les œuvres choisies exposées dans leur lieu (MJC, Centre Social et Maison des Seniors).
Récapitulatif
des évènements :
Janvier-Février : intervention de l’artothèque au sein des groupes afin de se faire rencontrer les participants et ainsi réaliser le commissariat. La séance pourra durer 2 à 3h.
Avril-Mai : deux ateliers d’écriture de 2h avec l’association Maras Poésie afin de s’approprier les œuvres et réaliser des textes en lien.
Mai-Juin : accrochage de l’exposition à la Médiathèque Jacques Ellul de Pessac. Les groupes pourront être présents afin de participer à la mise en place scénographique de l’exposition.
Début Juin : séance de
préparation pour le spectacle avec Maras Poésie.
6 Juin : vernissage et spectacle à la Médiathèque Jacques Ellul de Pessac. Possibilité d’organiser un pique-nique avec tous les participants pour partager un moment convivial aux alentours de 12h. Répétitions avec un spectacle à 15h30 – 16h.
Pour cette nouvelle collaboration entre Maras Poésie, rappeur et slameur, et l’artothèque, nous avons eu l’occasion de proposer plusieurs ateliers aux jeunes adolescents de la MJC de Mérignac. Néanmoins, cette fois-ci il était accompagné de Maëlle, ce qui a permis de proposer deux types d’exercices : atelier rap et atelier écriture d’histoires.
Maras et nos rappeurs en herbe dans la salle du Chaudron à la MJC de Mérignac
Maëlle en atelier d’écriture avec nos jeunes autrices
Le but de ces ateliers étant de découvrir l’art contemporain de manière pédagogique, ils ont pour finalité d’écrire des textes autour d’œuvres choisies au préalable afin de laisser parler leurs émotions. Ainsi, lors d’une séance spéciale ils pourront déclamer leurs textes.
Gaëlle HIPPOLYTE, L’ouverture des chagrins, 2008
Richard FAUGUET, Sans titre, 2015
Erwan VENN, Je ne trouve plus rien à vous dire1918, 2016
Oeuvres autour desquelles les jeunes ont travaillés
Afin d’aborder l’art contemporain de manière différente, les ateliers se sont déroulés en deux temps bien distincts. En effet, il y avait toujours un premier temps de discussion autour des œuvres et sur les émotions qu’elles pouvaient leur procurer. Puis un second temps consacré à l’écriture de leur texte. De plus, chaque séance était précédée d’un moment « d’échauffement » avec des exercices dédiés aux rimes. Ainsi, ils ont pu nous offrir un travail d’interprétation étonnant. Ci-dessous, vous pouvez retrouver certains textes écrits par nos rappeurs et slameurs en herbe, ainsi que des photographies de leurs prestations :
Quelques images de nos jeunes talents
Finalement, pour clôturer ses quatre ateliers, Maras Poésie et Titouan nous ont offert une improvisation sur les oeuvres.
Dans le cadre de la reprise du projet, Maras Poésie, slameur, a proposé plusieurs ateliers au sein de la bibliothèque Pablo Néruda dans le quartier de Saige à Pessac. Le but de ces ateliers est de créer des textes autour des œuvres proposées lors de leur choix initial tout en laissant parler leur imagination et sensibilité artistique et tout ça dans le but d’une restitution finale du projet.
Maras et les enfants de Saige jouant à un jeu sur la rime
Chaque atelier tournait autour d’une des oeuvres sélectionnées auparavant :
Grems Chat Oh 2017 Sérigraphie Editions Anyway
Hugues Reip Sans titre Sérigraphie 2008 Galerie Sémiose
Dominique LACOUDRE Sans titre, 2005 Liberté Portfolio de 5 estampes, sérigraphie 4 couleurs sur papier vélin
Lors de ces ateliers, les enfants ont abordé l’art contemporain de manière étonnante. Au travers de différents détails des œuvres, d’exercices et jeu proposés par Maras , les enfants ont pu créer des textes laissant parler leur imagination et leur interprétation des différents tableaux. Un travail d’interprétation et de lecture a aussi été mis en place afin de permettre aux enfants de se sentir plus à l’aise face à un public.
Ci-dessous retrouvez les textes écrits par nos petits artistes en herbe !
Enfin, avec Kaoutar, Ruth et Sara qui ont été présentes sur les deux derniers ateliers, Maras proposa lors d’une soirée jeux le 29 juillet 2020 dans le quartier de Saige une restitution des textes écrit par les enfants. Après une heure de répétition, les filles nous ont fait l’honneur de proposer une lecture accompagnée des œuvres les ayant inspirées.
Pour conclure cette soirée, Maras nous proposa une improvisation sur la sérigraphie de Dominique Lacoudre et des mots donnés par le public. Les habitants du quartier de Saige ont pris beaucoup de plaisir lors de cet événement.
Le lundi 22 juin 2020 ainsi que le 27 juillet 2020, nous avons réussi à mettre en place 3 ateliers d’écriture avec les habitants de Mérignac Beaudésert et l’artiste slameur et poète Maras Poésie. En effet, suite à la situation sanitaire, nous avons dû réadapter le projet des « P’tits et des grands commissaires d’exposition » en fonction des difficultés rencontrées dans les quartiers et les contraintes de chaque structure selon le protocole sanitaire. Sur le quartier de Mérignac Beaudésert, le centre social avait un grand besoin de renouer du lien avec et entre les habitants. Pour cela, ils investissent depuis plusieurs semaines une permanence sur le « théâtre de verdure » à l’extérieur et à côté de la Maison des habitants.
Nous avons donc trouvé idéal de remettre en route le projet sous une forme plus simple, car les objectifs ont évolué. Sur ce quartier, il fallait créer du lien avec plusieurs personnes qui sont en manque d’activités, aussi nous avons proposé 3 ateliers, matin et après-midi, ouverts à des personnes différentes sur les 3 séances d’écriture. Sur les 20 personnes, quatre d’entre elles étaient venues choisir des œuvres à l’artothèque en février. Nous étions ravis de voir qu’elles étaient toujours motivées par ce projet.
Pour démarrer les ateliers d’écriture du 22 Juin 2020, Maras a choisi 2 œuvres : La liberté ou la mort de l’artiste Ben, qui avait été sélectionnée par les habitants de Beaudésert en février à l’artothèque et Nouvelles en 3 lignes n°4 de Roland Topor, point de départ de la sélection d’œuvres pour le projet.
Maras poésie a décliné des pratiques d’écriture sous une forme ludique, amenant chaque participant à observer les détails, les objets, les couleurs, pour les renommer, les décrire différemment et créer plusieurs visions d’un tableau. Un manteau devient un habit de gentleman ou quelque chose qui serre aux épaules et l’œuvre de Roland Topor peut se décliner :
Roland Topor Nouvelles en 3 ligne n°4
Veste d’hiver
C’est un homme sérieux
C’est un portrait
C’est un homme qui a peur de lui-même
Ce sont des hommes tristes
C’est une tête à l’ombre
C’est l’histoire d’un homme sans identité
C’est l’histoire d’un étranger
C’est un homme perdu dans l’obscurité noire
Ben La liberté ou la mort
Lors du 2ème atelier d’écriture, Maras Poésie a décliné des propositions d’écritures autour d’une recherche de mots évoquant la liberté et la mort. Les participants ont écrit :
Je vois la manifestation dans la solitude,
Je vois le vent dans la prison
Je vois la parole dans le cimetière
Je manifeste pour éviter la faucheuse…
Maras Poésie a poursuivi une recherche de mots avec les personnes, autour des lettres L et M puis du noir et blanc, pour faire un lien avec la « forme » et les couleurs de l’œuvre. Cela pouvait donner des phrases comme :
Le loup ou le mouton
La loi ou le mariage
Le lundi ou le mardi
Je vois du charbon dans le lait…
Enfin pour l’atelier du 27 Juillet 2020, Maras a choisis l’oeuvre de Erwan Venn, Je ne trouve plus rien à vous dire1918 afin d’axer cet atelier sur le souvenir.
Maras proposa un atelier ludique autour de l’association de mots et souvenirs en jouant sur l’association de mot et le souvenir d’une personne proche. Certains textes résonnèrent :
J’ai oublié tes yeux bleus comme l’océan
J‘ai oublié que tu étais jolie comme une fleur
J’ai oublié de rire il y a un moment
J’ai oublié ton regard et maintenant je suis aveugle
Et de les associer à des questions:
J‘ai oublié ton regard et je vois le buste de Marianne
Où est la liberté ?
Et pour terminer cette journée en beauté, Maras était accompagné de Titouan, flûtiste et beatboxeur, en improvisant sur les tableaux ayant servi aux ateliers pour le plus grand plaisir des personnes du centre. Un des jeunes ayant participé aux ateliers a également participé au show invité par Maras sur le dernier morceau !
Le 15 février 2020, nous avons reçu le Centre Social Beaudésert de Mérignac dans le cadre de notre dernier commissariat d’exposition. Le groupe composé de 3 femmes , de deux enfants et d’un animateur dût choisir 5 œuvres parmi les 31 présélectionnées par l’équipe de l’artothèque.
Moment de réflexion autour de l’oeuvre de Wolfang Gäfgen
Après à un moment de convivialité autour d’un goûter et d’un dialogue autour du portrait chinois de Zhang XIAOGANG, nos commissaires ont pût découvrir notre présélection et prendre place afin de discuter et argumenter autour de l’oeuvre centrale du projet : Nouvelles en trois lignes n°4 de Roland Topor.
Roland Topor Nouvelles en trois lignes n°4. Litographies, 1975
» On dirait un visage composés de plusieurs visages »
» C’est quelqu’un de mal peigné ! Peut-être qu’il veut passer incognito ? »
» C’est comme si on essayait de savoir parmi les visages du fond lequel est le bon visage, on peut essayer de se l’imaginer.. «
Suite à cela et après avoir discuter du projet, nous avons pu commencer à argumenter autour des œuvres qui avaient retenus le plus leur attention.
Et pour commencer, certains d’entre eux nous ont évoqué leur intérêt pour la sérigraphie de Philippe Mayaux, Happy Hours .
« C’est une oeuvre du moment, et la technique est impressionnante. On dirait une photo. »
« Le chat a faim, veut une glace mais à l’air endormi. »
» C’est un chat qui attend son heure heureuse ! »
Unanimité pour cette oeuvre et sa place dans la sélection pour nos commissaires.
Pour continuer, deux personnes nous demandèrent de rapprocher la gravure de Wolfgang Gäfgen afin de pouvoir en discuter.
Wolfgang Gäfgen Sans titre, 1996 Gravure Editeur : Daniel Moret
« On peut voir ce tableau de différentes manières et ça peut être différent en fonction des émotions, de notre humeur ou de notre journée. »
» On dirait qu’il y a un nez percé, un visage, des gâteaux, une sandale.. ou une oreille ! «
Lors d’un débat, c’est une réflexion sur le paraitre et sur nos différentes perceptions d’une oeuvre d’art qui a pu être mise en avant.
Une autre oeuvre sortit du lot, il s’agissait d’une photographie d’Alain Fleisher. Et toute une histoire dramatique commença à naître dans l’imaginaire de nos commissaires.
Alain Fleisher L’empreinte du fer à repasser, série Argenteries et autres reflets, Photographie 1982
« La femme n’est pas heureuse comme si elle venait de perdre l’amour de sa vie. »
» Il y a beaucoup de souffrances et de tristesse dans cette oeuvre »
« Un amour à en mourir »
Après s’être remis de nos émotions, on discuta un moment sur le graphiti de Ben La liberté ou la Mort qui résonna comme une devise pour certains.
Ben, La liberté ou la mort ,1989, Peinture acrylique à la bombe
« Dans une guerre on se bat pour sa liberté et si l’on ne se bat pas on meurt.. »
» On dirait qu’il a fait ça pour la révolution française ! »
Pour continuer sur cette lancée, les participants pointèrent Mortadella pintura de Thierry Lagalla qui les firent penser à une affiche de film voir plus précisément de thriller ou de film d’horreur. Tout en portant une réflexion sur l’écriture et l’art.
Thierry Lagalla, Mortadella Pintura, 2010-2007 ,Sérigraphie, La Mauvaise Réputation
Un questionnement autour de la place ou non dans la collection de l’oeuvre de Gedeon s’en ai suivie. Surtout sur la réflexion et le parti pris de l’artiste.
GEDEON,Piscine, 2001-2002 N°13 Tirage sur papier argentique 3ème exemplaire Don de l’artiste
» On dirait quelqu’un qui veut passer le brevet de secourisme ! »
« On a l’impression que c’est une photo de vacances un peu ratée.. »
Pour rebondir sur la photographie, une de nos commissaire pointa du doigt Bird de Marina Gadonneix. Leur réflexion tourna beaucoup autour de la technique utilisée. Photographie ou peinture ?
Marina GADONNEIX Bird, 2005 Série Paysages sur commande Photographie c-print, contrecollé sur aluminium
» Cela ressemble à une photo pourtant la vision que l’on a dépend réellement de où l’on se place pour la regarder et peut osciller en fonction du moment de la journée et de notre envie ou non de s’y intéresser.. »
« C’est une forêt magique ! «
La photographie qui montre autre chose, qui modifie la réalité, c’est un axe de réflexion qui dominait sur la réflexion de ce groupe. On prit un moment pour discuter autour de l’oeuvre de Benoît Plateus.
Benoît PLATEUS, Sans titre, 1997, Photographie couleur
» C’est comme-ci la nature cherchait à dominer l’environnement.. »
» Un beau jeu d’ombres qui vient tapisser le bâtiment permettant de faire apparaître les arbres. »
Toujours dans le même questionnement sur le jeu autour de la photographie et pour terminer sur l’argumentation autour des œuvres, nos commissaires d’expositions prirent le temps de discuter autour d’Eric Pointevin.
Eric Poitevin, Sans titre, 2007 Tirage argentique
» C’est un squelette ? Ou peut-être de l’eau qui coule … «
» C’est du bois mort, non ? »
Pour terminer, nos commissaires ont procédé au vote pour établir les 5 oeuvres qui seront exposées. Voici leur sélection finale:
Ben La liberté ou la mort 1989 Peinture acrylique à la bombe
Eric Poitevin Sans titre 2007 Tirage argentique
Wolfgang Gäfgen Sans titre, 1996 Gravure, vernis mou et manière noire en deux plaques
Le mercredi 29 janvier a eu lieu la première rencontre d’un troisième groupe de commissaires composés des jeunes de la MJC Centre-Ville Mérignac ainsi que de cinq séniors de la RPA Jean Broca.
Dans un premier temps et autour d’une collation, les jeunes et séniors, ainsi que l’équipe, ont pris le temps de s’entretenir, se rencontrer et de discuter autour du portrait chinoise Zhang XIAOGANG (liste de phrases ayant la forme « Si j’étais un/une … je serai … » avec plusieurs propositions comme un sentiment, un pays, ect… permettant à chacun de se défénir et d’expliquer son choix).
Nous avons proposé 40 œuvres à ce nouveau commissariat suite à une discussion autour de l’œuvre de Roland Topor. Après avoir laissé ce nouveau groupe vagabonder et réfléchir autour de nos propositions nous avons pu donner la parole à notre commissariat.
La première œuvre qui ressortit du lot fût la sérigraphie de Richard Fauguet . Celle-ci évoqua pour un des jeunes de la MJC toute une métaphore autour du cycle, la routine avec la tasse de café, la fumée qui évoque pour lui le « café, clopes ». Il verra aussi dans cette œuvre tout un raisonnement autour de l’identité et se posera la question suivante « Qu’est-il à part humain ? ».
Richard FAUGUET Sans titre, 2015 Sérigraphie sur papier rivoli en 2 couleurs
La seconde œuvre fut L’ouverture des chagrins de Gaëlle Hippolyte qui pour l’animateur de la MJC, Steve, lui-même dessinateur, lui procura un certain plaisir graphique. Cette représentation de la nature habillée laissait voir pour nos commissaire une métaphore. On cherche à cacher quelque chose, mais cela évoque également la représentation d’un portrait qui serait en quelque sorte « naturalisé ».
Gaëlle HIPPOLYTE L’ouverture des chagrins, 2008 Sérigraphie sur papier Rivoli 300g Editeur : Semiose éditions
Pour continuer, les séniors nous ont évoqué leur intérêt pour la lithographie de Roland Topor en évoquant la métaphore de la mémoire notamment en s’interrogeant sur la différence de chaque personnage du fond et en l’interprétant comme possiblement le souvenir des personnes que le protagoniste connaissait.
Roland TOPOR Nouvelles en trois lignes n°4, 1975 Lithographie Dépôt de l’Artothèque du Limousin
Une des séniors nous évoqua en suivant son intérêt pour Sauveterre de Guyenne de Isabelle Kraiser, cette photo qui pour nos commissaires, évoquerait un monde à l’envers avec dans le reflet de l’eau une fenêtre vers l’infini avec une protagoniste qui regarderait vers l’avenir et dont on perçoit difficilement l’émotion qu’elle porte. Elle termina en évoquant la subtilité des détails de l’œuvre et le jeu sur la prise de vue qui ferait presque oublier que cette œuvre est une photographie.
Isabelle KRAISER Sauveterre de Guyenne, 2004 Série « Isabelle Kraiser présente la collection robes 2004/2005 » Photographie couleur, tirage argentique
Pour rebondir sur la photographie les seniors furent attirées par Dalva de Laura Henno qui les bouleversa au travers du regard poignant de la jeune fille dont c’était le portrait, évoquant à la fois force et détresse, seule, l’horizon en toile de fond.
Laura HENNO Dalva, 2009 Tirage argentique couleur
La gravure de Wolfgang Gäfgen fut aussi sujet à discussion, chacun s’exprimant sur les possibles formes représentées ici, certains se contredisant même. Une de ces interprétations porta sur le cycle de la vie avec l’idée de continuité de la naissance à la mort, le fil fragile de la vie dans les main des Moires ou des Parques. D’autres voyaient en cette œuvre une représentation des cinq sens, chacun symbolisé par un objet ou le membre adéquat.
Wolfgang Gäfgen Sans titre, 1996 Gravure, vernis mou et manière noire en deux plaques Dépôt du FNAC Heureux le visionnaire Editeur : Daniel Moret
Un intérêt fût également porté à l’œuvre de Caroline Molusson Des Equilibres 2, avec laquelle nos commissaires perçurent une notion de légèreté et d’équilibre au travers d’un réel travail sur la prise de vue et sur les couleurs mais également sur l’énergie de la femme.
Enfin la dernière œuvre fût Je ne trouve rien à vous dire de Erwan Venn. Cette impression numérique évoquera pour le groupe la notion de l’oubli de soi-même et du syndrome post-traumatique après-guerre. L’absence de membres et de têtes des élèves évoquait également l’aspect un peu fantomatique de cette œuvre.
Erwan VENN Je ne trouve plus rien à vous dire, 1918, 2016 Impression numérique
Pour terminer parmi toutes ses œuvres seules 5 furent sélectionnée :
Erwan VENN Je ne trouve plus rien à vous dire, 1918, 2016 Impression numérique
Isabelle KRAISER Sauveterre de Guyenne, 2004 Série « Isabelle Kraiser présente la collection robes 2004/2005 » Photographie couleur, tirage argentique
Gaëlle HIPPOLYTE L’ouverture des chagrins, 2008 Sérigraphie sur papier Rivoli 300g Editeur : Semiose éditions
Richard FAUGUET Sans titre, 2015 Sérigraphie sur papier rivoli en 2 couleurs
Le mercredi 29 janvier deux groupes sont venus à l’artothèque afin de choisir les oeuvres à exposer dans leur structure puis dans le projet final des p’tits et grands commissaires. Le premier était composé de sept enfant du centre social de la Châtaigneraie, âgés de 6 à 12 ans. Ils ont dans un premier temps réalisé un portrait chinois pour apprendre à se connaître.
Puis ils ont dû choisir 4 oeuvres parmi 40 en argumentant leur choix et partageant leurs goûts, leurs idées, leurs histoires. Les thèmes pricipaux étaient l’horreur, la peur, le portrait et la couleur noir. Voici les oeuvres qu’ils ont finalement choisies :
« Sa tête, elle s’allonge. Son visage est couvert de poils et de cheveux et il essayer de se les arracher. »
« On dirait un directeur. Il a l’air de s’étouffer ».
Le matin du mercredi 23 octobre 2019, la deuxième rencontre a eu lieu ayant pour objectif de réaliser un commissariat d’exposition. Entourés par une quarantaine d’œuvres et prenant pour point de départ un dessin de Roland Topor, les seniors et les enfants ont partagés leurs ressentis et leurs goûts.
Roland TOPOR, Nouvelles en trois lignes n°4, 1975 Crédits photo : G.Deleflie
Après des débats houleux, notamment sur l’angle que prendra la sélection (questions autour des chats, de ce que les œuvres dégagent ou non), le groupe est arrivé à un choix de quatre œuvres ayant pour point commun un certain vide, un ou des trous, créer en retirant et non en ajoutant.
Hugues REIP, Sans titre, 2008 Crédits photo : G.Deleflie
Dominique LACOUDRE, Sans titre, 2005 Crédits photo : G.Deleflie
Dominique LACOUDRE, Sans titre, Liberté, 2005 Crédits photo : G.Deleflie
Julien NEDELEC, La vie est une fête, 2011 Crédits photo : G.Deleflie
Voilà Les P’tits et les Grands commissaires Exposition enfin lancés. La première action s’est traduit en un temps de découverte. Du lieu tout d’abord, l’artothèque accueillant les 12 participants dans sa salle d’exposition (8 enfants du quartier de Saige et fréquentant la Bibliothèque Pablo Neruda et 4 seniors de la Maison des Seniors de Pessac), mais aussi découverte des autres, ceux qui n’ont pas le même âge mais qui nous ressemblent. Rapidement les deux groupes se sont rassemblés pour se parler puis créer des masques en collant et dessinant suivant leurs envies.
« J’ai mis un renard sur mon masque, j’adore les renards » Hévin, 10 ans
« Tout le monde a pu parler et échanger, c’était bien » Annie